Namur Libre

A la santé du ministre.

En région wallonne, 2% des 15.000 (!) fonctionnaires auraient des problèmes d’alcool. 20 % seraient concernés par des problèmes de tabagisme. Le ministre Courard va donc distribuer autant de brochures (merci le contribuable) afin de sensibiliser les agents à ces problèmes. Or, une enquête menée dans ce cadre fait apparaître que seulement 40% des fonctionnaires sont favorables à une plus grande prise en charge de ces problèmes, et 2/3 considèrent que la hiérarchie doit être sensibilisée à sa tolérance face à ces problèmes.

Au vu du fonctionnement de la Région, qui s’en étonne ? Les dirigeants d’abord. Politisée, l’administration regorge certainement de soi-disant cadres devant leur place dans l’organigramme à l’affiliation partisane, alors que la promotion par seul critère d’ancienneté vient compléter le tableau. Dès lors ces gens ont plus à cœur de maintenir leur poste que de tenter de secouer le cocotier. Au niveau des employés, on peut noter plusieurs problèmes. Tout d’abord, les nominations. Certaines personnes sont par force de loi vissées à leur poste et ne peuvent faire l’objet de mesures sérieuses, ce qui est tout à fait anachronique et déplacé à l’heure d’aujourd’hui. Avec le piston et la promotion par ancienneté, la nomination statutaire est une mesure nuisible qui empêche tout développement sérieux en termes de people management et de culture de l’excellence et de la performance. De même, les évaluations du personnel ne peuvent se solder que par des résultats consensuels, toute remarque négative faisant l’objet d’un recours au Conseil d’Etat, avec qualité suspensive.

Notons pour conclure la culture syndicale propice au conservatisme et à l’entretien des fameux « acquis » au détriment d’une rénovation des structures et le compte y est.

Malheureusement, le ministre Courard, socialiste, n’a pas envie de réformes. Il va un peu jouer à se faire peur mais les problèmes de fond qui minent le fonctionnarisme wallon ne se résoudront pas à coup de brochures et de happening psycho-médico-sociaux.

Il faut une réforme de fond, une véritable culture des ressources humaines moderne, en renouveau, en phase avec son temps, telle que pratiquée dans le secteur privé. Mais cela, aucun des 4 partis traditionnels n’a le courage politique de le proposer. Heureusement qu’entre-temps Jupiler a sorti la Blue.

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